Lettre
d'information #2 - Dimanche 15 août 2004.
(retrouvez
la liste des lettres déjà émises à ce jour ici)
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EDITO C'est la fin des vacances en ce qui me concerne et, sur place, je vous ai concocté ce (très long) carnet de route. Pour ceux qui ne la connaissent pas, il existe sur la télévision publique belge une émission assez extraordinaire qui s'appelle " Les carnets du bourlingueur ". Cette émission, réservée aux grands aventuriers (soit 78 au total en Belgique et qui ne sont de toute façon pas devant leur écran mais à l'autre bout du monde), vous donne mille et un conseils au cas où vous décideriez d'ouvrir une mine d'or au Burkina-Faso, vous explique comment distinguer un lézard comestible d'un autre et vous renseigne sur les us et coutumes indispensables à connaître sur le bout des doigts si l'envie vous prenait d'élargir le cercle de vos amis avec l'un ou l'autre guerrier des steppes. Mais il n'est pas nécessaire d'aller si loin pour se sentir totalement dépaysé et paniqué devant l'inconnu et l'incompréhensible. Un exemple ? Des vacances en Allemagne ! Et c'est pour vous faire profiter de ma courte mais riche (et fraîche) expérience en la matière que j'invente à l'instant 1. LES CARNETS DE L'HAMBOURG-LINGUEUR Ca y est, vous venez de déposer vos valises dans la chambre toute en dentelles et bois vernis de votre hôtel et, déjà, vous sentez que l'ambiance ne vous sera pas familière. Partout, des inscriptions en allemand et, si possible, en écriture gothique. Pour vous qui ne comprenez rien à cette langue, cela revient à écouter deux québéquois pure souche parler de législation comptable (ah, ça me fait penser que dans un prochain gag Faldo ).
Le conseil : faites abstraction de tout cela, l'Allemagne est un pays presque comme un autre et les hôtels allemands des hôtels presque comme les autres. Couchez-vous sur le lit 'allemand' (confort ferme sur suspensions souples) et reprenez des forces, vous en aurez bien besoin. Le lendemain matin, vous descendez déjeuner. Là, vous apercevez un attroupement organisé qui se sert avidement autour des charcuteries reconstituées et bien grasses. Ce qui semble être pain, confitures et autres pâtisseries est libre. Vous tentez de vous y rendre lorsqu'une serveuse, également habillée en tyrolienne, vous intercepte. Elle vous lance alors un " vasvilleunziedzoumaressen ? ". Vous pensez comprendre et lui répondez avec votre plus beau sourire naïf " un chocolat chaud, s'il vous plaît ". Pour seule réaction, vous avez en face de vous des sourcils qui se froncent. Après quelques essais, la serveuse comprend et vous lance alors " ach, chocolade, kahaudt ? " Vous vous dites " kahaudt, ça sonne comme 'chaud' " et acquiescez. Vous vous rendez devant le buffet du déjeuner. Vous cherchez du pain mais n'en trouvez pas. Le conseil : cherchez plutôt un ensemble de briques noires dont la densité est proche de celle du pudding mercurisé et dont la présence dans le baluchon de certains clandestins a accéléré le naufrage du Titanic. Vous aurez alors trouvé le pain allemand. Ne vous encombrez pas de trop de confitures et autres croissants, le pain allemand se suffit à lui-même. Vous retournez à votre place et vous constatez que " kahaudt " signifie " froid " et qu'à force (et par dépit) d'avoir répondu " Ja, bitte " à tout ce qu'on vous demandait, un oeuf à la coque, du jambon et des saucisses grillées ainsi qu'un demi-litre de bière blonde vous attendent également. Le petit-déjeuner s'annonce copieux. Vous vous installez et observez vos voisins autour de vous. Le conseil : ne vous fiez pas aux apparences, aux bermudas et autres costumes à fleurs et de mauvais goût ni aux chaussettes en laine et capes de feutre vert pour distinguer les hommes des femmes. Dites-vous plutôt qu'un individu allemand aux longs cheveux avec des boucles d'oreilles et chemise à fleurs sera vraisemblablement du sexe masculin et qu'un individu aux cheveux courts, teints et couvert de tatouages sera probablement féminin. La grosse serveuse d'hier soir vous a reconnu et vient vous parler en d'interminables phrases. Vous ne comprenez toujours pas mais elle finit par vous poser une question. Par réflexe, vous répondez " Ja " et elle part pour revenir avec un nouveau demi-litre de bière et un peu de choucroute. Il ne faut pas lésiner sur le petit-déjeuner, c'est la seule chose qui vous console. Votre
journée se passe dans la campagne environnante car vous ne comprenez
rien à ce qu'on vous dit aux entrées des attractions et
les plages allemandes au bord des lacs, ce n'est définitivement
pas ça ! Le conseil : ne vous attendez pas à de la haute gastronomie en allemagne. Même dans un hôtel 4 étoiles, ce qu'on vous servira aura vite fait de vous faire regretter la pire des cantines scolaires. Avec les légumes cuits à l'eau, les patates bouillies servies à la tonne, les sauces artificielles faites maison sur des saucisses ou de la viande panée, terminer votre assiette relèvera parfois de l'exploit. Vous vous attaquez quand même à votre repas et vous vous rappelez vaguement de ce qu'un ami vous racontait en riant quand il a appris votre destination de vacances : " attention, ça va très vite aux repas ! ! ! ". Vous comprenez rapidement : perdu dans les regrets de vos pensées , vous faites un geste machinal pour aller chercher un haricot cuit à l'eau et servi sans sauce votre assiette n'est plus là ! Le conseil : comme ce n'est de toutes façons pas bon, les allemands ont pris l'habitude de manger rapidement. La règle est simple : chaque client à droit à n minutes pour tout son repas. Ce temps est divisé par le nombre de services et l'assiette est retirée immédiatement quand le temps par service est atteint. Les serveuses allemandes sont passées maître dans l'art d'esquiver les coups de fourchettes distraites qui pensent encore naïvement trouver un bout de veau pané. Les jeunes serveuses allemandes se reconnaissent d'ailleurs aux cicatrices de piqûres de fourchettes qu'elles ont sur la main. Si vous tenez à finir votre repas, un précieux conseil: renversez-le sur la nappe. De cette manière il sera encore là quand l'assiette disparaîtra comme par magie. L'autre conseil : évitez de manger si votre gorge est un peu irritée. En effet, les mines de sel sont rares en Allemagne et le sel y est donc importé et cher. Pour démontrer l'importance qu'ils attachent à vous, les restaurateurs allemands ont donc pris l'habitude de ne pas regarder à la dépense et de verser le sel par kilos dans les plats, tous les plats. Et nous ne parlerons pas ici des gros cristaux de sel qui ornent le dessus de certains types de sandwiches et brioches (idéal avec une bonne confiture). Cette
première journée et ce repas précipité vous
ont épuisé. Même la crème fraîche sur
la glace n'a strictement aucun goût ! Quant à l'eau minérale,
il est impossible d'en trouver qui soit non pétillante. A force de tâtonner, vous avez compris comment votre télévision Siemens fonctionne et vous voilà parti pour zapper sur la douzaine de chaînes publiques allemandes (ça ne sert à rien de chercher, vous n'aurez rien d'autre). Et là, c'est le mystère absolu qui commence: -
Chaîne 1 : un journal parlé digne de la télé
polonaise des années 70 avec un présentateur qui ne sourit
pas et donc le brushing rendrait jaloux Roger Gicquel. Tout est gris,
triste, les cartes en 2D et la présentation archi-classique dans
les bleus-gris. Le front de l'est va tomber avec les dernières
poches de résistance soviétique, ce n'est plus qu'une
question de jours. Vous zappez. -
Chaînes 2 à 7 : six fois sur six chaînes différentes
un débat entre un présentateur et un invité dans
un décor minimaliste. Le ton est lent et monotone, les présentateurs
font leur boulot et c'est tout, les invités sont d'office de
seconde main et non-télégéniques. - Chaîne 9 . Ah, une chaîne pour enfants qui boucle 24h/24. Le héros principal semble être une brioche avec un regard de dépressif suicidaire et une grosse voix. Du moins, elle ne ressemble qu'à cela. C'est insupportable et au bout de 5 secondes, vous zappez, votre équilibre est en jeu.
Evidemment,
tout est en allemand mais vous comprenez quelque chose : ce présentateur
est doué, charismatique et ose se moquer de tout ce que vous
avez constaté depuis votre arrivée hier soir. Un pote
potentiel donc, une lueur d'espoir, enfin. Seul problème : pour
chaque tranche de 10 minutes de TV-TOTAL, vous devez vous farcir plus
de quinze minutes de publicités pour des produits étranges
et qui vous resteront mystérieux. Bref, l'attente est insupportable
et vous zappez . Le conseil : la prochaine fois, amenez votre lecteur de DVD portable, les prises de courant allemandes sont compatibles avec nos prises, si toutefois vous comprenez comment les utiliser. Bon, j'ai l'air de me moquer un peu, mais je dois avouer cela fait 4 ans que je pars pour mes vacances en Allemagne et cela signifie que la caricature que je viens d'en faire doit être prise au cinquantième degré. Je me suis surpris récemment à me faire comprendre en allemand et je compte m'acheter bientôt un costume tyrolien avec la plume sur le chapeau, les grosses chaussettes en laine, la toile de feutre vert, les bretelles et la chemise blanche avec des fleurs sur les bords. Seule la télé allemande m'est et me sera toujours insupportable et c'est pour cela que j'ai eu le temps de rédiger ce long édito Bonnes fins de vacances ! 2. LE CRAYONNE DU GAG 52 Si
vous vous rappelez du scénario de la newsletter précédente,
en voici la version crayonnée.
Il s'agit de la deuxième étape dans la création d'un gag Faldo. Le gag se précise. Toujours pas compris ? N'hésitez pas à m'envoyer vos propositions. 3. LE SCENARIO DU GAG 53 Je ne suis qu'au crayonné du gag 52 et voici déjà le scénario du gag 53. A la demande générale de deux personnes, il signe le retour de Gerhardt qui, pour souder l'équipe autour de lui, tente de leur faire partager une de ses passions.
4. LE COURRIER DES LECTEURS 4.1. Marie-Paule, de Bertrix " Monsieur, Un ami qui connaît mon combat m'a fait parvenir votre 'lettre d'information n°1'. En tant que membre de Gras-hia, vous devez deviner que je milite activement pour un traitement plus digne des charcuteries entre leur lieu de naissance et l'assiette du consommateur. Déjà, nous trouvons qu'être maintenues entassées par dizaines sous célophane et par une température de 4 degrés dans les rayons des supermarchés et boucheries est à la limite du supportable, de l'acceptable. Mais vous, vous osez dénoncer ceux qui ont la bonté de ne pas en plus les empaler ! Mais dans quel monde vivons-nous !? Nous avons nos réseaux de renseignements et votre adresse ne nous est plus inconnue. Si vous ne tenez pas à retrouver les pneus de votre voiture percés de bâtons à brochette (histoire de mieux vous faire prendre conscience de ce que vous voulez faire subir à ces pauvres mini-boudins), je vous demanderai à l'avenir de modérer votre position sur ce sujet. A bon entendeur ! " Bonjour. Je suis d'accord avec vous. Finalement ce n'est pas mal de séparer les bâtons des mini-boudins dans des paquets qui osent s'appeler " brochettes ". Si vous n'utilisez pas les bâtons, après une dizaine de paquets et un peu de peinture, vous obtenez un splendide jeu de mikado qui fera fureur lors de vos soirées barbecue. 4.2. Léon, de Vellereille-les-Brayeux. " Monsieur, Pouvez-vous me dire comment reconnaître un lézard comestible d'un autre car, pour fêter mon départ pour le Burkina-Faso (où je compte ouvrir une mine d'or), j'ai invité quelques amis, guerriers des steppes, à un bon repas et j'ai peur de les froisser en les intoxiquant. Déjà que je stresse à l'idée de commettre un impair à table, leurs coutumes sont si différentes des nôtres Merci !" Ah ben ça, ça tombe bien ! Figurez-vous que je vous donne la référence d'une émission qui vous expliquera cela mieux que moi dans l'Edito de cette news lettre d'information ! Pour me remercier, pensez à me mettre dans votre testament avant votre grand départ pour la fortune et le reste. 4.3. Allison, de Lille. " Bj, G 1 prob. Mon G & en pann f & 'tiiiit' kan je tel A 1 cop1 " Heu, je n'ai pas fait " phone-housien " en seconde langue (allemand non plus d'ailleurs), et je ne vois pas en quoi Ah, Allison, c'est toi ? ? ? C'est vrai que j'ai bloqué les appels entrants ! Excuse-moi, je les réactive de suite. Bisous. 4.4. Hubert, de Knokke " Bonjour, j'ai une question qui me turlupine : je reviens de vacances en altitude et j'ai constaté que les hirondelles y volaient bas. Je me suis alors dit : " elle volent bas, mais à une altitude de 1490 mètres ". C'est donc beaucoup plus haut que les 5m de la dune près de chez moi. Or on dit que si les hirondelles volent bas, c'est qu'il va pleuvoir. Alors, voler bas mais à 1490 mètres, cela veut-il dire pluie ou non ? " J'avoue que je ne me suis jamais posé la question, je suppose que vous aurez constaté de vous-même après avoir vu les hirondelles voler. 5. POUR FINIR, LE DICTON FALDEEN " La nuit, tous les chats sont gris surtout ceux qui sont déjà gris le jour ! ".
Dany
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