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EDITO
Deux
mois...
Que
le temps passe vite, deux mois ! Deux mois depuis la dernière
lettre d'information. Mais où sont passé ces deux mois
? Hein ? Je vous le demande, où ? La malédiction que nos
parents nous annoncent depuis longtemps ("tu verras, ça
passe de plus en plus vite...") est un peu plus vraie chaque année
! Le temps est comme une drogue à laquelle on s'accoutume et
il nous en faut toujours plus pour avoir l'impression de ne pas en avoir
moins !
Mais bon sang, deux mois, c'est comme les grandes vacances scolaires
et j'ai l'impression que cela n'a même pas duré une semaine
! Et pourtant, en deux mois, à l'époque des grandes vacances
scolaires, on avait l'impression d'en avoir eu pour son argent. En deux
mois, on avait eu droit à l'heure du petit déjeuner à
l'intégrale des Goldoraks, des Inspecteurs Gadget, des Candy
Candy (du moins, jusqu'à l'accident d'Anthony). On s'était
dit 60 fois "mais qu'ils sont bêtes !" en regardant
les Musclés au Club Dorothée. 60 fois, on s'était
levé en se demandant ce qu'on allait faire pendant la journée
avec les copains. 60 fois, on avait acheté une crème glacée
à Jean-Pierro, le glacier qui se voulait italien et passait chaque
soir avec sa camionnette devant le petit parc communal témoin
de nos jeux innocents. Et on trouvait encore là-dedans le temps
de placer 2 ou 3 semaines de vacances en famille. On arrivait ainsi
fin juillet avec le sentiment délicat que l'on n'était
qu'à la moitié.
Aujourd'hui, ça représente quoi, deux mois ? 10.000 km
de plus à ma bagnole, 3 tontes de la pelouse, 1 réparation
de la tondeuse car avec l'âge elle s'use, 8 semaines de pubs pour
Halloween, Saint Nicolas, Noël, Nouvel an et Carnaval 2005, 1 projet
au boulot, 1 visite chez le coiffeur, 1 seul gag Faldo et Bush toujours
président des Etats-Unis !
Eh, mais, notez que, si on essaye de voir le bon côté des
choses, ça passe tellement vite que Bush ne sera plus président
et on aura l'impression que ça n'aura duré que 3 mois
! Finalement, le temps qui s'accélère, ce n'est pas si
mal que cela !
Improvisation
Aujourd'hui,
c'est l'angoisse de la page blanche... Alors je vais prendre un mot
au hasard et je vais improviser sur ce thème... Voyons voir..
mmm, Ah, je vois une escabelle dans le couloir, je vais donc improviser
un texte qui part d'une escabelle.... Mmmm... Allez, c'est parti, d'un
trait et sans filet !
Le
voisin
(NOTE:
ce qui suit est imaginaire et purement improvisé. Je ne vais
pas parler de mes vrais voisins que j'adore et embrasse).
[Le voisin] - Héï, voisin ! Voisin ? VOI-SIN... !!!
[Moi] - Ah tiens, bonjour ! J'étais concentré sur mon
jardinage Je n'avais pas vu que vous m'observiez du haut de votre escabelle,
par dessus la haie ! Ca va ?
- Pour sûr que ça va, voisin ! Ca va toujours voisin !
Voyez, je taille ma haïe. La pension, ça n'a que du bon
! Maintenant, j'ai tout mon temps pour faire ce que je veux, ça
me change du temps où j'étais au chômage, ah ah
! Le lundi par exemple, je vais faire laver ma voiture par les Yougos
à la sortie de l'autoroute à Ensival parce que, c'est
bien connu, les Yougos lavent ! Ha ha, elle est bien bonne hein, voisin
?
- ??? Heu, oui, héhé, les Yougoslaves nettoyent bien...
les voitures, excellente !
- Heuu, non, enfin, heu..., bon, où en étais-je ?
- Au lundi ?
- Ah oui, le mardi, je sors promener le chien de Monsieur Pierreux !
Vous voyez qui, Monsieur Pierreux, le gars sympathique qui habite de
l'autre côté du clos ?
- Heu, non, vous savez, nous ne sommes là que depuis 5 ans, les
gens du quartier nous regardent encore un peu comme des étrangers
avec notre accent de Bruxelles et nos deux voitures. C'est vrai qu'on
fait un peu "cherchez l'erreur" dans le quartier, la plupart
des gens qui vivent ici pourraient d'ailleurs être nos parents.
- Ca c'est vrai, ma femme me demandait justement l'autre jour ce que
vous faisiez dans la vie et je lui ai dit que je le savais !
- Ah tiens ?
- Et ouaïe, c'est Monsieur Rorive qui me l'a dit un soir que je
suis passé chercher son chien pour le sortir !
- Monsieur Rorive ?
- Non, son chien ! Monsieur Rorive, c'est le sympathique gaillard qui
avait garé sa voiture en plein milieu de la rue l'autre jour
et qui vous empêchait de passer, vous lui avez alors dit "Excusez-moi,
pourriez-vous mieux garer votre véhicule ? On m'attend dans une
heure à Bruxelles pour une réunion importante" et
il me l'a répété. On en a déduit que vous
étiez francophone et que vous aviez un poste à responsabilités
!
- Logique, mais ça ne veut rien dire...
- Ben oui, mais en rentrant d'avoir sorti le chien, il pleuvait et j'ai
vu que le facteur avait laissé tout votre courrier à moitié
en dehors de la boîte. J'ai donc cru bien faire en sortant votre
courrier et en le remettant bien en pile dans la boîte. C'est
là que j'ai vu, entre les résultats de prise de sang et
les extraits bancaires, que vous étiez abonné à
"Ingénieur mon ami magazine". J'en ai donc déduit
que... Ca collait quoi !
- On ne peut rien vous cacher...
- Et ouaïe, c'est ce que dit aussi Monsieur Janssen, le gars avec
qui je vais faire mes courses le mercredi midi. Surtout ne pas râter
le mercredi midi. Toutes ces mères de famille qui courent et
râlent sur notre caddy rempli d'articles sans le prix qui bloquen
la caisse, ça fait de l'animation. Presque aussi bien que les
courses du vendredi soir ou la coupe du samedi matin chez le coiffeur.
Vous voyez qui c'est Monsieur Janssen ?
- Pas plus que les autres <soupir>
- Mais si, le grand et sympathique gaillard, l'ancien ouvrier textile
au bout de la rue. Celui qui a encore les doigts verts d'époque...
Notez que son fils aussi a la main verte, mais je ne suis pas certain
que ce que je l'ai vu cultiver au fond du jardin l'autre jour, pendant
que j'étais sur mon toit à astiquer les briques de ma
cheminée, soit légal-légal... Faudra que j'en parle
à son père. Ca tombe bien, j'irai chercher son chien tout
à l'heure pour le sortir, j'en profiterai...
- Astiquer les briques de la cheminée ?
- Oui, ça m'arrive souvent ! La dernière fois, c'est le
jour où vous vous disputiez avec votre dame au sujet de l'éducation
des enfants, j'ai pas tout compris... Vos vitres sont du simple vitrage,
mais les hurlements de vos enfants couvraient vos voix...
- Ah bon ?
- Mais ne vous inquiétez pas, motus et bouche cousue le Léon
! Je pourrais vous dire que Madame Heuse et Monsieur Hennebert ont une
liaison, que Madame Pottiez est fan de Michel Farinet ou que Monsieur
Gilbert a plein d'argent caché à l'étanger, je
n'en ferai rien !
- Vous me rassurez...
- Entre voisin, c'est un minimum ! D'ailleurs, vous feriez mieux d'écarter
un peu plus vos lignes de carottes...
- Comment savez-vous que ...
- Ce sont des carottes ? Facile ! L'autre jour, le frisbie que je lançais
au chien de Madame Parlas - vous voyez qui, la sympathique gaillarde
à l'entrée du clos - et bien ce frisbie est passé
par dessus ma clôture et a atterri dans votre jardin, j'ai dû
alors venir le rechercher. Vous n'étiez pas là, je ne
dérangeais donc personne...
- Ben oui, mais...
- Et c'est là que j'ai vu que vous aviez acheté des graines
de carottes, le sachet était juste à côté
de votre bouquin "Le jardin pour les nuls". Vous savez, des
mots, même si vous ne voulez pas les lire, c'est un réflexe,
vous lisez. Et à parler des carottes, à votre place, je
ne les ferais pas pousser...
- Pourquoi ?
- Le gars qui vivait chez vous avant, en échange de ce que je
sortais son chien et qu'il n'avait pas besoin de la partie potager,
m'a autorisé à y enterrer tous les déchets de rénovation
de ma maison. C'est pour cela que vous vous êtes probablement
dit "chouette, pas d'herbes dans ce coin du potager"...
- Mais dites-donc vous...
- Non, ne me remerciez pas. C'est tout naturel, entre voisin... Vous
savez, parfois, le samedi soir, quand il me semble voir des lampes torches
roder autour de votre maison, il m'arrive de venir voir discrétement
ce qui se passe, mais la plupart du temps, ce n'est que votre chambre
qui reste éclairée un peu plus tard...
- Mais... !
- Bon, je vous quitte, je dois aller chercher le chien de Monsieur Binamet,
le sympathique buraliste à la retraite...
- Je rêve ou vous sortez les chiens de tout le quartier ?
- Ah ça pour sûr, 'faut dire aussi que j'ai eu plusieurs
grands chiens à moi. Mais elles ont mal fini les pauvres bêtes:
paralysie du bas du dos et des pattes arrières et fins de vies
ligottés sur un vieux chariot à roulettes avec juste les
pattes avant pour se mouvoir... C'était pénible...
- De les voir souffrir ?
- Non ! Le bruit du charriot ! C'était de la récup et
il grinçait. Ce bruit portait à 2 maisons au moins. C'est
une des raisons pour lesquelles le gars qui vous a précédé
ici est parti, je pense. Et ça me fait justement penser que je
vais devoir ressortir le charriot: le chien de Madame Binamet commence
à être paralysé du bas du dos... Bon, je vous laisse...
au fait, je voulais aussi vous dire, le truc que vous avez installé
dans votre salle de bain pour extraire l'humidité... je le trouve
un peu bruyant, vous ne pourriez pas le retirer ? Allez, au revoir voisin
!
- C'est ça, au plaisir d'avoir de vos nouvelles...
[Ma femme] Tu parlais à qui chou ?
[Moi] Au gars d'à côté... Maintenant, j'en suis
convaincu, dès qu'on en a les moyens, on s'achète une
maison sans voisins !
Le
gag Faldo 53
Il
est enfin disponible ici

Le
courrier des lecteurs
Actuellement,
en cours de décryptage chez le voisin. Je vous en dirai plus
d'ici la prochaine lettre
A
la prochaine !
Dany
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